150 ans de la ligne des Cévennes – Résumé

Il y a plus de 150 ans a germé une idée folle dans l’esprit de quelques visionnaires : faire passer un train dans l’un des reliefs les plus inhospitaliers de France afin de relier Clermont-Ferrand à Nîmes.
Cet article est un résumé de l’historique de la ligne écrit par Jean-Louis MAURIN, Président de l’Association ARDEC Villefort (organisatrice des manifestations de Prévenchères et Villefort) et membre du CA de l’association « 2020 : 150 ans de la ligne du train Cévenol ».

L’histoire résumée de la ligne des Cévennes

Le texte et les images de cet article ne sont pas libres de droits.

L’historique complet en 3 parties
1ère partie : Quand le charbon a besoin du train
2ème partie : La jonction Langeac – Villefort
3ème partie : Une artère de vie des Cévennes et du val d’Allier

Si le train fonctionne déjà depuis 1840 entre Alès et Nîmes, permettant d’expédier le charbon des mines d’Alès vers les lieux de consommation situés dans le sud du pays, la liaison vers le nord n’existe pas. Ce n’est pas le manque d’intérêt économique qui explique cette absence de liaison mais les reliefs escarpés des Cévennes, de la Margeride et des gorges de l’Allier qui constituent pour l’époque une zone continue de plus de 150 km quasiment infranchissable.

Pourtant, dès 1850, des projets de traversée du Massif Central apparaissent. Soutenus, voire parfois initiés, par les élus locaux, ces projets se heurtent toutefois aux difficultés techniques qui engendrent des coûts excédant largement les possibilités tant des compagnies ferroviaires que des institutions locales. Heureusement, la volonté de l’Empire de rattraper le retard de la France sur les autres pays industriels en matière de chemin de fer et la création, en 1857, de la compagnie PLM (Paris-Lyon-Marseille) regroupant les lignes exploitées au nord de Lyon par la compagnie PLM (Paris-Lyon-Marseille) regroupant les lignes exploitées au nord de Lyon par la compagnie PL et celle exploitée au sud de Lyon par la compagnie LM, va permettre de trouver les moyens de lancer ce grand chantier.

Les enquêtes d’utilité publique sont ouvertes en 1861 dans les 4 départements concernés (Gard, Lozère, Ardèche et Haute -Loire) et le 9 avril 1862 Napoléon III signe le décret d’utilité publique. La concession de la ligne Brioude – Alès, prémices d’une liaison Paris-Nîmes, est attribuée à la compagnie PLM.

D’importants travaux, estimés à 22,5 millions de francs or, s’engagent au nord d’Alès pour relier Villefort avec 26 tunnels et quelques ouvrages d’art. Cette première partie, marquant le désenclavement de la Lozère, est inaugurée en 1867. Il reste à réaliser la jonction Villefort – Langeac qui permettra enfin la liaison vers le nord. En 1869, on estime qu’environ 12000 ouvriers travaillent à construire cette portion. Sur la partie sud, les 21 km qui séparent Villefort de La Bastide présentent une forte déclivité ; le dénivelé supérieur 400m impose la construction de nombreux ouvrages d’art et le percement de nombreux tunnels.

Le viaduc de l’Altier, long de 257m et haut de 73m, va nécessiter 2 ans et demi de travaux ; le tunnel d’Albespeyres, situé à peine quelques kilomètres après le viaduc de l’Altier, va nécessiter 3 ans de travaux, l’avancement moyen est de 80m/mois, et il coutera coûtera plus de 2,5 millions de francs or. Plus au nord, dans le cadre grandiose du confluent de l’Allier et du Chapeauroux, le viaduc de Chapeauroux, d’une longueur de 433m avec 28 arches et d’une hauteur de 18,80m, présente un rayon de courbure de 260m et constitue une autre merveille architecturale de la ligne.

Véritable musée d’architecture à ciel ouvert, la jonction Villefort-Langeac est enfin ouverte au trafic le 16 mai 1870. Elle représente le travail de milliers d’hommes, qui, au prix du sang et de la sueur, ont construit plus de 171 ouvrages d’art. Les Cévennes, la Margeride et le haut Allier sont désenclavés ; la ligne des Cévennes reliant Paris à Nîmes via Clermont-Ferrand, plus tard baptisée « Le Cévenol », est née.

150 ans après, le vendredi 13 août 2021, le club cycliste Mont-Lozère-Vélo propose, en hommage à ces hommes qui ont unis par le rail les Cévennes au Val d’Allier, de revivre cette fantastique épopée en prenant un train spécialement affrété qui les mènera le matin de Villefort à Langeac, avant de revenir à vélo en empruntant 150 km de routes au plus près de la ligne. Durant le trajet en train, des animateurs feront découvrir toutes les spécificités et les aménagements de cette ligne.

Le parcours Langeac – Villefort, 150km et 2400m de dénivelé positif, est un parcours exigeant ; les montées ne sont jamais très longues mais elles sont nombreuses sur les 90 premiers kilomètres. Des parcours plus courts sont proposés ; ils consisteront à prendre le train normal (TER) et descendre dans une des gares intermédiaires. L’ensemble du parcours sera balisé et des points de ravitaillement seront proposés dans les gares des communes traversées.